Pour lancer la sélection de novembre du DH Book Club, je cherchais une romance de fin d’année qui parle vraiment de personnes. Pas une intrigue qui sert juste à dérouler Noël en décor mais un récit où l’humain reste au premier plan et où la lumière des fêtes agit comme révélateur. C’est ce qui m’a conduite vers The Plight Before Christmas de Kate Stewart.
Whitney m’a accrochée dès les premières pages. Une femme proche de la quarantaine, indépendante, avec une histoire personnelle qui sonne vrai et une voix intérieure solide. J’y ai trouvé ce que je recherchais : une héroïne crédible, loin des archétypes, entourée d’une famille vivante, imparfaite mais ancrée. Le décor de Noël ne gomme rien. Il crée une attente simple : celle d’un rapprochement possible, d’une conversation qui n’a pas eu lieu, d’un moment qui peut faire basculer ce qui semblait figé.

À EXPLORER DANS CET ARTICLE :
Résumé du livre (sans spoiler)
Whitney rejoint sa famille pour les fêtes dans la maison héritée de ses grands-parents. Ses parents ont relancé le rituel de Noël : décoration, musique, cuisine, moments en commun. Toute la fratrie est présente, avec conjoints et enfants. Elle pensait retrouver son cocon familier, elle ne s’attendait pas à croiser Eli, son ex de près de vingt ans.
Eli arrive par l’intermédiaire de son grand frère avec qui il travaille. Leur relation passée n’a jamais été expliquée, seulement interrompue. Sa présence oblige Whitney à composer avec un passé qui n’a jamais été clôturé. Le roman alterne présent et souvenirs, avec un double point de vue qui dévoile progressivement ce qui n’a pas été dit. Les flashbacks situent leur lien : une relation intense, jeune, marquée par des silences et des décisions prises trop tôt.
Noël agit comme un cadre de mise en lumière : tout le monde se retrouve au même endroit, à un moment où les questions ressortent. Le livre installe une tension intime : celle de Whitney et Eli, mais aussi celle de ce que chaque membre de la famille porte en lui.

Notre lecture, sans filtre
Ce qui ressort très vite, c’est la crédibilité des personnages. Whitney fonctionne dès les premières pages : indépendante, lucide, avec un vécu cohérent. Son âge, son rapport à l’autonomie et les attentes sociales qui pèsent sur elle créent un ancrage réaliste. C’est une héroïne humaine, pas une idée de personnage.
La dynamique familiale est également un point fort du livre. Le banter entre frères et sœurs est vivant, drôle sans être forcé, et parfois tendre. Les parents sont écrits avec justesse : encore amoureux après plusieurs décennies, complices, capables de parler vrai sans jouer au couple modèle. Le détail du Google Doc, les mails de préparation et les scènes collectives donnent du relief sans caricature. C’est cohérent, et ça crée un cadre chaleureux qui soutient la lecture.
« December 19, 2021
Subject: Collins Christmas Karaoke
Dear Dad, I know you mean well by gathering intel on the importance of choices like Christmas turkey or ham, but my son just literally took a dump in my hand. So, while I understand the significance of a good karaoke selection, (…). Sincerely, Your son with literal shit to deal with.
Brenden Collins CEO Networth Inc.
December 19, 2021
Subject: Collins Christmas Karaoke
Son, In all the time you were ranting that you had no time, you could have filled out the form. Get it done. No excuses. And stop comparing me to (…) I’m much, much better looking.
Dad Donor of the sperm that created you. »
La relation Whitney-Eli progresse par touches mesurées. Les flashbacks sont bien intégrés et donnent accès à leur intimité passée sans tout expliquer. On voit se dessiner une histoire passionnée, marquée par des silences qui ont pesé lourd. Ce qui a été interrompu n’a pas été compris et c’est ce qui crée la tension actuelle. Eli gagne en cohérence au fil du livre : son passé, son deuil et ses mécanismes de contrôle expliquent son retrait, sans l’absoudre. La partie introspective de son point de vue est crédible dans le contexte du roman.
Certains points méritent d’être signalés. Les interventions d’enfants sont parfois excessives, notamment la nièce, qui peut détourner l’attention du cœur Whitney-Eli. Quelques passages sexualisés peuvent faire tiquer, ainsi que des réflexes conservateurs dans la manière dont Whitney envisage parfois la trajectoire féminine. Mais ces moments sont souvent contrebalancés par des dialogues plus nuancés, ce qui permet au livre de ne pas rester figé dans un modèle unique.
« I loved you so much. I was crazy fucking in love with you. (…) and I don’t think I ever fell out. »
La progression entre Whitney et Eli est ce qui retient le plus : pas de facilité, pas de bascule magique. Le roman installe une tension constante : celle d’une histoire inachevée entre deux adultes qui ont changé, mais qui sentent que quelque chose reste à clarifier. C’est cette tension mesurée, appuyée par les interactions familiales, qui donne son énergie au livre.
Ce que la romance met en lumière
Plusieurs points clés ressortent du roman, à travers les dialogues, les non-dits et les réflexes des personnages. Le livre montre comment certains liens résistent au temps et comment d’autres finissent par peser. Le retour d’Eli force Whitney à regarder ce qu’elle a mis de côté : non pas un regret, mais une part de sa construction. La question du pardon et de la réparation revient régulièrement : reconnaître une faute n’efface pas ses conséquences et la romance prend soin de laisser cet espace visible.
Les modèles familiaux jouent un rôle essentiel. La famille “connectée”, où la parole circule et où l’on essaie de réparer plutôt que d’enfouir, crée un espace chaleureux mais aussi exigeant. À travers certaines scènes, la charge mentale apparaît clairement : une mère qui encaisse, un père qui s’isole, une fratrie qui tente d’équilibrer. Cela ne prend pas le dessus sur l’intrigue, mais ces éléments façonnent le cadre dans lequel Whitney évolue. Le livre montre comment on peut s’appuyer sur un lien familial solide tout en gardant le droit de poser ses limites.
La romance aborde aussi la responsabilité masculine, notamment dans la manière dont Eli relit ses actes passés. Ses traumas n’effacent pas ses erreurs : le livre choisit de les reconnaître puis de montrer comment un adulte peut assumer et avancer. Ce qui compte n’est pas l’explication, mais le présent : ce qu’il fait maintenant et la place qu’il laisse à Whitney. La notion de “soulmate” s’inscrit davantage dans un lien qui fait grandir et non dans une fusion ou une rédemption magique.
Certains accents conservateurs apparaissent chez Whitney, surtout dans la façon dont elle associe parfois l’épanouissement à un modèle familial standard. Cela crée une tension discrète avec son indépendance et son identité affirmée. Le livre ne tranche pas, mais l’ambivalence est présente. Ce sont ces caractéristiques, parfois imparfaites, qui rendent les personnages crédibles et humains, donc intéressants.
En conclusion
The Plight Before Christmas ne s’appuie pas sur les ressorts classiques d’une romance de Noël : ici, la chaleur vient des conversations, des moments mis à nu et d’une famille capable d’accueillir les émotions sans minimiser ce qu’elles coûtent. La seconde chance entre Whitney et Eli fonctionne parce qu’elle prend le temps de traiter la responsabilité et la réparation. Ce sont deux adultes qui ne rejouent pas leur passé : ils le regardent en face pour mesurer ce qui reste possible au présent.
Le roman laisse une place à la lumière sans nier les zones d’ombre. Il raconte la difficulté d’avancer lorsque certains choix non résolus continuent de peser et il montre qu’un lien peut reprendre forme sans demander à l’autre de se renier. La famille joue ici le rôle de cadre et de catalyseur, parfois encombrant, parfois salutaire. C’est ce mélange qui rend la lecture stimulante et touchante à la fois.
Je recommanderais ce livre aux lectrices et lecteurs qui cherchent une romance avec un vrai ancrage humain, des personnages construits et des émotions qui prennent leur temps. Pas une lecture « feel good » au sens facile, mais une histoire qui prend au sérieux ce qu’elle raconte, sans perdre le plaisir du genre ni la dose de spice, utilisée avec justesse. Et parfois, une lecture fait plus que divertir : elle permet de reconnaître ce que l’on porte et de le déposer un moment.
Notre Avis : ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ . Une romance de fin d’année qui prend au sérieux ce qu’elle raconte et une lecture qui a toute sa place dans une pile à lire de fin d’année.
Parlons-en
💬 Selon vous, quand une relation a un passé, faut-il repartir de zéro… ou reconnaître ce qui a déjà existé ?
💬 Et vous, pensez-vous que les fêtes révèlent ce qu’on fuit… ou ce qu’on peut encore réparer ?
💬 Un personnage vous a-t-il touché ou marqué pendant votre lecture ?
💬 Dans la sélection de novembre, quel roman avez-vous envie de lire après The Plight Before Christmas de Kate Stewart?
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VO : Goodreads – Amazon – Audible
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