Une histoire qui donne envie de lâcher prise et de vivre l’été comme une parenthèse où tout est possible.
En refermant You Are Here en mai, je pensais avoir quitté les chemins anglais. Manifestement, non. Me voilà de retour en Angleterre, cette fois dans le Yorkshire, avec The offing, un roman qui retrouve, de manière assez troublante, des thèmes qui avaient déjà marqué ma lecture de mai : le départ, l’ailleurs, le fait de quitter son quotidien et d’accepter l’inconfort de l’inconnu.
Il y a sans doute aussi dans l’été une disposition particulière à accueillir ce type de récits. Une période où l’on se sent plus enclin à sortir, à observer, à se laisser surprendre par ce qui se présente sur notre route.
Il faut croire que je ne suis pas encore prête à faire mes valises hors de ce territoire littéraire. J’y reviens toujours pour ses paysages, son atmosphère et pour ces histoires où il suffit parfois d’un départ, de quelques kilomètres ou d’une rencontre inattendue pour qu’une trajectoire entière bascule.

The offing de Benjamin Myers : Résumé sans spoiler
Angleterre, été 1946. Robert Appleyard, seize ans, fils de mineur, quitte son Yorkshire natal avec un sac sur l’épaule pour longer la côte avant que l’avenir qu’on attend de lui ne se referme définitivement. Son chemin croise celui de Dulcie Piper, une femme excentrique, cultivée et farouchement libre, installée dans une maison face à la mer. Ce qui devait n’être qu’une simple halte devient une rencontre inattendue qui bouleversera bien plus qu’un été.

Pourquoi avoir choisi The offing de Benjamin Myers ?
Après This Is Happiness de Niall Williams, lu l’été dernier, je cherchais désespérément un livre capable de me faire revivre une expérience de lecture similaire. Je voulais retrouver cette écriture attentive aux émotions humaines, capable de rendre un personnage profondément vivant au point de nous manquer une fois le livre refermé.
Pour juillet, j’avais envie d’un roman ancré dans l’été. Pas pour le simple plaisir du décor, mais pour ce que cette saison permet : vivre davantage dehors, observer, aller vers l’autre, se rendre disponible à l’inattendu. J’aime les livres qui donnent l’impression que l’été élargit le champ des possibles et modifie légèrement notre rapport au temps.
C’est ainsi que je suis tombée sur The Offing de Benjamin Myers, un auteur que je n’avais encore jamais lu. J’y retrouvais plusieurs éléments que j’aime particulièrement en littérature : un personnage qui choisit de sortir du cadre qui lui était destiné, l’idée qu’un simple départ peut bouleverser une trajectoire et surtout la promesse d’une rencontre capable de changer durablement notre regard sur nous-mêmes et sur le monde.

Si vous cherchez une lecture capable de capturer ce que l’été a de plus précieux, ouvrez The Offing. C’est le genre de livre qui donne envie de s’attarder sur la poésie des mots, de savourer une conversation qui s’éternise, de profiter pleinement de ces moments où la saison nous invite à prendre notre temps. Laissez Benjamin Myers vous emmener sur la côte du Yorkshire, en excellente compagnie.
VO : Goodreads – Amazon – Audible
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Retour de lecture : The offing (sans spoiler)
J’ai adoré ce livre. The Offing est une de ces lectures que l’on referme avec le sentiment rare d’avoir passé du temps en excellente compagnie. Une fois la dernière page tournée, ce sont surtout les personnages et tout ce qu’ils ont partagé qui continuent de nous habiter.
Dulcie est probablement l’un des meilleurs personnages que j’ai rencontrés depuis longtemps. J’aurais aimé rencontrer une femme comme elle. Elle a un charisme fou, de l’esprit, une façon de répondre, de raconter, d’occuper l’espace qui la rend immédiatement fascinante. Il y a chez elle une gourmandise de vivre qui transparaît partout : dans sa cuisine, dans son rapport à la littérature, dans sa façon de parler du monde et même de sa propre vie. Malgré tout ce qu’elle a traversé, elle conserve une affirmation de la vie profondément communicative.
Robert est tout aussi fascinant. À seize ans, il possède déjà une maturité frappante dans son regard sur lui-même et sur la vie qui l’attend. Il perçoit très lucidement ce qui lui est promis s’il reste là où il est. Son départ montre à quel point un élan de spontanéité, aussi simple qu’un sac sur l’épaule et quelques kilomètres devant soi, peut suffire à prendre du recul et à imaginer une vie plus grande que celle que l’on croyait possible.
La relation entre Dulcie et Robert est ce qu’il y a de plus marquant dans le roman. Toute sa force tient dans leurs échanges, dans leurs conversations et dans les réflexions qu’elles font naître. Leurs discussions ouvrent progressivement des perspectives qu’aucun des deux n’aurait pu envisager seul. Benjamin Myers inscrit tout cela dans un décor qui crée autour d’eux une véritable bulle, un espace propice à l’introspection, à la liberté de penser et de parole. La mer, les prairies et la route vers la côte participent pleinement à cette atmosphère et donnent l’impression qu’il existe encore des lieux où l’on peut simplement prendre le temps d’être, de penser et de vivre autrement.
The Offing est un livre sur les rencontres et sur la sérendipité. Certaines connexions arrivent exactement au moment où l’on en a besoin et changent durablement notre regard sur nous-mêmes et sur le monde. C’est un roman d’été, bien sûr, mais pas uniquement. Même en plein hiver, c’est le genre de livre qui donne envie de mer, de lumière, d’ailleurs. C’est aussi le genre de livre qu’on a envie d’offrir ou de prêter, juste pour partager quelque chose de profondément bon, quelque chose qui fait du bien à l’âme.
Mon ressenti de lecture : ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
À noter : The Offing fera prochainement l’objet d’une adaptation au cinéma, avec Helena Bonham Carter dans le rôle de Dulcie. Une raison supplémentaire de découvrir le roman avant sa sortie en salles.
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Li. 📚✨🌾
